Quelles sont les 5 zones d’entraînement en endurance ?

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En course à pied, en cyclisme, en triathlon ou en natation, toutes les séances ne se valent pas. Certaines développent la base, d’autres améliorent la vitesse ou stimulent la capacité à tenir un effort intense. Comprendre les 5 zones d’entraînement permet de savoir à quelle intensité travailler pour progresser efficacement pour performer et progresser sans se faire mal. 

Avant de commencer : sur quoi sont basées les zones ?

Techniquement, les zones d’entraînement sont généralement définies à partir de la fréquence cardiaque. C’est l’indicateur le plus utilisé, car il reflète l’intensité à laquelle le système cardiovasculaire travaille.

Mais ce n’est pas le seul repère intéressant. Il est souvent utile d’ajuster ou de confirmer ces zones sur base :

  • du RPE (Rate of Perceived Exertion), c’est-à-dire votre ressenti d’effort sur une échelle de 1 à 10.
  • De votre vitesse (en course à pied).
  • De votre puissance (en cyclisme).

La fréquence cardiaque donne un cadre, mais le ressenti permet de l’affiner.

Deux repères importants à comprendre

Les différentes zones d’entrainement s’organisent autour de deux grands changements dans le fonctionnement du corps.

1) Le premier seuil

C’est la première limite : où votre respiration devient plus marquée. En dessous, vous respirez facilement et vous pouvez parler sans difficulté. Au-dessus, votre  respiration s’accélère.

Concrètement, en dessous de ce seuil, le corps produit l’énergie principalement grâce à l’oxygène, en utilisant en grande partie les graisses comme carburant. C’est un système très efficace et durable.

 

2) Le second seuil (souvent appelé seuil lactique)

C’est l’intensité à partir de laquelle l’effort devient difficile à maintenir longtemps. A cette vitesse, vous respirez fort et vous ne savez plus parler.

Au second seuil, le corps produit de plus en plus d’énergie rapidement, mais accumule aussi des sous-produits métaboliques (comme le lactate). Ces derniers ne sont pas “mauvais” — ils sont « normaux » — mais leur apparition limite la durée pendant laquelle l’effort peut être tenu.

Graphique expliquant les seuils d'entrainement par un coach sportif

Zone 1 – Récupération active

  • Comment fonctionne le corps ici ?

La zone 1 est la zone la plus basse en intensité. Ici, le corps fonctionne presque exclusivement grâce au système aérobie, c’est-à-dire qu’il utilise l’oxygène pour produire de l’énergie, en brulant des graisses. Dans cette zone, la fréquence cardiaque est basse et la respiration est très facile.

  • L’utilité de cette zone

Cette zone est très bonne pour la récupération. Elle permet de continuer à bouger, d’activer la circulation sanguine et d’aider le corps à récupérer après une séance plus exigeante, sans s’abimer. Elle est aussi particulièrement utile en reprise d’activité ou lors de semaines allégées.

  • Comment s’y entraîner ?

En faisant de l’exercice très facile ! Courir très lentement, rouler pas trop vite, nager tranquillement.

Pour vérifier que vous êtes bien dans cette zone, assurez-vous de pouvoir parler sans aucune difficulté, de ne pas être essoufflé, de trouver ça très facile. Votre RPE (= ressenti d’effort) doit être à 1 ou 2/10.

NB : Il se peut que votre zone 1 corresponde de la marche, et ce n’est absolument pas un problème ! En tant que coach sportif en ligne, je dis souvent qu’il vaut mieux avoir l’impression de “se traîner” et être vraiment dans la bonne zone.

Zone 2 - Endurance fondamentale

  • Comment fonctionne le corps ici ?

En endurance fondamentale, on reste toujours sous le premier seuil. Cela signifie que le corps utilise toujours principalement l’oxygène pour produire de l’énergie en brulant des graisses. Ce système est très efficace et économique en énergie : on peut durer longtemps sans trop se fatiguer. Cela signifie que, plus on travaille cette zone, plus notre “moteur” devient performant.

  • L’utilité de cette zone

L’endurance fondamentale porte bien son nom : c’est la base de l’endurance. Travailler dans cette zone permet d’améliorer la capacité du cœur à pomper du sang, d’augmenter le nombre de mitochondries (qui sont les “centrales énergétiques” des cellules, où l’énergie est produite), et d’améliorer l’efficacité à long terme. Le but : que le corps utilise moins d’énergie pour un même effort.

Cette zone est donc tant essentielle pour un débutant qui veut se construire une base solide que pour un triathlète préparant un Ironman.

  • Comment s’y entraîner ?

En faisant des sorties toujours faciles, longues et continues à allure confortable. L’endurance fondamentale, c’est vraiment un travail de fond qui paie par sa régularité.

Etant coach personnel sportif, je conseille généralement, pour vérifier que vous êtes bien dans cette zone, de s‘assurer d’avoir une respiration régulière, de pouvoir parler, et d’avoir le sentiment que vous pourriez tenir longtemps. Votre RPE (= ressenti à l’effort) doit être de 3 ou 4/10.

NB : il est parfois normal d’être très trèèès lent.

Zone 3 - Tempo

  • Comment fonctionne le corps ici ?

En zone 3, l’intensité augmente par rapport à l’endurance fondamentale. On se situe entre le premier seuil (où la respiration commence à s’accélérer) et le second seuil (où l’effort devient difficile à tenir longtemps).

À ce stade, le corps fonctionne encore principalement grâce à l’oxygène : il continue à produire de l’énergie via le système aérobie. Mais comme la demande énergétique devient plus importante, il trouve des stratégies pour y répondre. Il commence donc à utiliser davantage les glucides, car ils produisent de l’énergie plus rapidement que la combustion des graisses. En contrepartie, le corps commence à produire un “sous-produit” : le lactate.

Le lactate est souvent qualifié de « déchet », mais ça n’en n’est pas vraiment un. En réalité, il peut être réutilisé comme carburant par d’autres muscles ou par le cœur. Il devient problématique uniquement lorsqu’il s’accumule plus vite qu’il ne peut être recyclé.

Et en zone 3, ça n’est pas le cas : la production de lactate augmente mais le corps parvient encore à le gérer ! Il y a encore un équilibre. C’est pour cela que cette zone est souvent décrite comme “confortablement difficile”.

  • L’utilité de cette zone

Travailler en zone 3 permet de développer la résistance à la fatigue et la capacité à tenir un effort plus soutenu dans le temps.

  • Comment s’y entraîner ?

Pour arriver en zone 3, il faut solliciter davantage le corps. Les muscles doivent être plus utilisés, la fréquence cardiaque doit augmenter et la respiration doit s’intensifier. Mais l’effort reste stable, sans basculer dans un effort maximal !

En tant que coach de course à pied, je peux par exemple programmer, au sein d’une séance, des blocs d’une dizaine ou vingtaine de minutes plus rapides que l’endurance fondamentale.

Si vous êtes bien dans cette zone, vous devriez difficilement savoir parler, car la respiration est plus importante. Vous devez sentir que vous travaillez activement, tout en maintenant un effort maitrisé et tenable à moyen terme. Votre RPE (= ressenti à l’effort) doit se situer à 5 ou 6/10.

Zone 4 - Seuil

  • Comment fonctionne le corps ici ?

En zone 4, on se situe autour du second seuil, c’est-à-dire l’intensité à partir de laquelle l’effort devient difficile à tenir longtemps.

Le corps utilise toujours de l’oxygène, mais il a besoin de produire beaucoup d’énergie très rapidement et va donc utiliser principalement des glucides. En brulant plus de glucides, il va donc aussi produire encore plus de lactate. Le « problème », c’est qu’à cette intensité, le corps en produit plus qu’il ne peut le réutiliser. Le lactate devient donc un « déchet » qui commence à s’accumuler.

C’est pour cette raison que le travail en zone 4 correspond généralement à une vitesse que l’on peut maintenir environ 30 à 60 minutes selon son niveau.

  • L’utilité de cette zone

La zone 4 permet d’améliorer sa vitesse et sa capacité à tenir dans le temps un effort difficile. Elle est donc surtout utile pour préparer des courses de courtes distances.

  • Comment s’y entraîner ?

Pour s’y entrainer, on va aller encore plus vite qu’en zone 3, et donc moins longtemps. On peut, par exemple, partir sur des intervalles de 5 à 10 minutes.

Vous souhaitez vérifier que vous êtes bien dans cette zone ? C’est simple : le corps entre en « alerte rouge » : vous ne savez plus parler, vous respirez fort, et vous devez vous concentrer pour continuer. Votre RPE (= ressenti à l’effort) doit être de 7 ou 8/10.

Zone 5 - VO2Max

  • Comment fonctionne le corps ici ?

En zone 5, on s’approche de la capacité maximale du corps à utiliser l’oxygène. C’est ce qu’on appelle la VO₂max : le volume maximal d’oxygène que l’organisme peut capter, transporter et utiliser pour produire de l’énergie. Le système cardiovasculaire fonctionne à pleine capacité.

Concrètement, cela signifie que le cœur bat presque à son maximum, la respiration est très rapide et profonde et les muscles consomment énormément d’oxygène.

À ce niveau, l’oxygène ne suffit plus à couvrir toute la demande énergétique. Le corps produit alors énormément d’énergie à partir des glucides. Ça entraîne, entre autres, une production très importante de lactate, qui, contrairement à la zone 4, n’est plus du tout complètement réutilisé par le corps.

C’est pour cela que cette intensité ne peut être maintenue que sur une très durée courte : généralement entre 1 et 5 minutes selon le niveau.

  • L’utilité de cette zone

Elle développe la capacité du cœur à pomper efficacement, la tolérance aux intensités élevées et la puissance aérobie : ce que le corps est capable de produire comme énergie grâce à l’oxygène.

Travailler dans cette zone permet d’augmenter son “plafond” physiologique. Plus ce plafond est élevé, plus on améliore ses performances dans les zones inférieures également !

  • Comment s’y entraîner ?

Pour entrer en zone 5, c’est simple : il faut donner tout ce qu’on a. On peut, par exemple, enchainer des intervalles courts (de 30 secondes à 3 minutes) à très hautes vitesses, sans laisser 10 minutes de récupération entre !

Ne vous inquiétez pas, vous saurez si vous êtes dans cette zone : vous ressentirez un effort très intense et une sensation de travail maximal. Ça va de soi : parler sera impossible. Votre RPE (= ressenti à l’effort) devrait être de 9 ou 10/10.

Pourquoi ces zones sont-elles si importantes ?

Coach conseillant son élève sur les séances d'entrainement en running à réaliser

Parce que, pour progresser, il ne faut pas nécessairement s’entraîner toujours plus fort ou toujours à la même vitesse. Il vaut mieux s’entraîner au bon moment, à la bonne intensité, pour le bon objectif.

La question qu’il faut se poser, c’est donc surtout « Quoi faire, quand et comment ? », et c’est là notamment l’utilité d’être accompagné par un professionnel.

En effet, il n’existe pas de réponse parfaite à cette question, pas de plan miracle tout fait. Le plus important, pour progresser, c’est de s’adapter :

  • à votre niveau
  • à votre objectif
  • à la période de l’année
  • à votre fatigue
  • et même à votre contexte de vie

C’est cette réflexion globale qui permet de progresser de manière durable, en se faisant plaisir. Et c’est la base de mon fonctionnement.

Un entrainement guidé et efficace

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