Les erreurs que j'ai faites sur mon premier Ironman
Ce que j'en ai appris et comment ça a fait évoluer mon coaching
Mes expériences sur Ironman
J’ai aujourd’hui plusieurs Ironman à mon actif, que j’ai tous préparés et gérés sans coach extérieur. J’ai donc toujours été seul aux commandes de ma préparation.
Parmi ces différentes expériences, mon premier Ironman a particulièrement marqué ma manière d’aborder ce type de préparation. J’y ai fait plusieurs erreurs qui m’ont permis de mieux comprendre ce que demande réellement une préparation Ironman et qui ont fait évoluer ma façon de gérer ce type de préparation. Avec le recul, ces « couacs » ont donc été particulièrement formateurs.
Je vous partage donc ici les principales erreurs que j’ai faites sur ce premier Ironman, mais surtout ce que j’en ai retenu et ce que j’en ai tiré pour la suite de ma pratique de coach sportif personnel.
Rapide contexte de la préparation
J’ai fait mon premier Ironman en 2023. J'avais 25 ans et je pratiquais le triathlon depuis seulement deux ans. Ayant repris mes études tardivement, j’étais en plein cursus d’éducation physique, avec une pratique sportive assez irrégulière du fait de ces études.
Mes études m’apportaient déjà de bonnes bases en physiologie et j’avais un réel intérêt pour la compréhension de l’entraînement : comment structurer une préparation, comment faire évoluer ses capacités physiques, comment gérer la charge… J’ai donc construit cette préparation entièrement seul, avec les connaissances que j’avais à ce moment-là. Quelque part, j’étais mon propre cobaye.
Avec le recul, et même si certaines choses m'ont aidé pour ce premier Ironman, je manquais d’expérience pour mettre toutes ces connaissances en pratique sur une préparation aussi exigeante. J’étais également très influencé par la tendance du moment à vouloir toujours faire plus et toujours plus vite. C’était le début de l’explosion des vidéos sur les réseaux sociaux et de la hype autour de l’Ironman, avec beaucoup de contenus qui minimisaient la difficulté de l'épreuve.
C’est dans ce contexte que j’ai construit ma première préparation Ironman. Et forcément, ce n’était pas le contexte idéal.
Mes erreurs et ce que j'en ai appris
Erreur n°1 : me lancer trop tôt sur cette distance
Avec le recul, ma première erreur a été de vouloir me lancer sur un Ironman aussi rapidement. Mon premier triathlon remontait à seulement deux ans. Je n'avais fait qu'un triathlon distance olympique et un half Ironman, et mes deux premières saisons avaient été très irrégulières en matière d’entraînement, avec plusieurs grosses périodes de coupure, notamment pendant les blocus et les examens.
J’avais donc relativement peu de pratique derrière moi, peu d'expérience dans la gestion de l'entrainement et de la course et surtout, je n'étais pas encore régulier dans ma pratique. Je disposais de certaines connaissances théoriques, mais pas encore de beaucoup d’expérience pratique.
Aujourd’hui, je ne dirais pas qu’il faut attendre un nombre précis d’années avant de se lancer sur Ironman. En revanche, il me paraît essentiel d’avoir construit une base d’entraînement suffisamment régulière et solide avant d’attaquer une préparation aussi exigeante.
Erreur n°2 : un manque de préparation
Je n’avais tout simplement pas accumulé suffisamment d’entraînement pour pouvoir aborder cet Ironman dans de bonnes conditions. Je n’étais pas aux charges que je recommande aujourd’hui pour arriver sur une telle épreuve avec suffisamment de marge et pouvoir réellement "en profiter" le jour J.
Avec le recul, j’aurais dû me laisser davantage de temps pour construire cette préparation progressivement. Dans le contexte de mes études à l’époque, ce n’était cependant pas forcément évident. Mon emploi du temps était déjà très chargé et je devais composer avec de longues périodes où l’entraînement était plus difficile à maintenir.
C’est aussi là que je vois aujourd’hui l’intérêt d’être accompagné par un coach de triathlon. Avoir quelqu’un pour m’aider à organiser les séances, structurer les semaines et trouver la meilleure façon de faire rentrer l’entraînement dans mon quotidien aurait probablement permis d’optimiser davantage mon temps.
Erreur n°3 : un mauvais choix du parcours
Pour mon premier Ironman, j’avais choisi Openlakes, qui s’appelait encore Ironlakes à l’époque, principalement parce que l’épreuve était aux Lacs de l'Eau d'Heure, à côté de chez moi. C’était pratique, mais ce n’était pas forcément le choix le plus judicieux pour un premier full.
Le parcours vélo était assez casse-pattes, avec environ 1 800 m de dénivelé positif. Une difficulté importante sur une course de cette distance.
Avec le recul, je pense que le choix du parcours est bien plus important qu'il n'y parait. En l'occurrence, j'aurais pu choisir un parcours plus accessible pour un premier Ironman.
Erreur n°4 : un mauvais réglage du vélo
J’ai rapidement commencé à avoir mal au dos pendant la partie vélo. Avec le recul, mon bike fitting ne me convenait tout simplement pas et ma position me limitait dans ma capacité à appuyer correctement sur les jambes.
Sur le moment, j'ai forcé pour essayer de maintenir une bonne allure. J’ai donc dépensé encore plus d’énergie dans une position qui n’était pas adaptée, alors que je savais déjà que quelque chose n’allait pas.
Cette expérience m’a fait comprendre l’importance de régler correctement son vélo bien avant le jour de la course. Sur une épreuve où l’on passe plusieurs heures sur le vélo, le moindre problème de position peut rapidement prendre une autre dimension.
Erreur n°5 : ne pas m'économiser à vélo
Sur mon premier Ironman, j’ai clairement roulé trop vite à vélo. Sur le moment, je me sentais bien et je voyais le vélo comme le bon moment pour "envoyer". Je n’avais surtout pas encore suffisamment conscience de la difficulté d'entamer et de terminer un marathon après tout ça.
Les réseaux sociaux n’aident pas vraiment sur ce point. À force de voir des Ironman, des chronos et des performances impressionnantes, on finit facilement par minimiser la difficulté réelle de l’épreuve. Le marathon reste pourtant un marathon, et c'est encore plus dur après plusieurs heures d’effort.
Résultat : après environ 22 km de course à pied, j’ai complètement craqué. J’avais trop dépensé sur le vélo et je l’ai payé très cher sur le marathon. En tant que coach pour Ironman, cette expérience m’a permis de comprendre à quel point apprendre à gérer ses sensations à vélo importe pour pouvoir encore courir correctement derrière.
Erreur n°6 : une mauvaise gestion des ravitaillements
J’avais travaillé un peu mon entraînement gastrique, mais ma stratégie de ravitaillement n’était clairement pas aboutie. Je n'avais prévu que des gels, et je n'avais pas suffisamment testé leur ingestion sur de longues durées. Je pense aussi avoir manqué d’eau pure. Spoiler alert : les estomacs n'aiment pas n'absorber que des gels pendant 10 heures d’effort.
Et pour être honnête, je n’imaginais tout simplement pas que ça pouvait "partir autant en live". Quand les problèmes digestifs et énergétiques arrivent après plusieurs heures d’effort, il est vraiment très difficile de corriger le tir. En l'occurrence, je n'ai plus du tout su m'alimenter de tout le marathon...
A la suite de cette expérience, j'accorde, dans mes coachings en sports d'endurance, d'autant plus d'importante à tester sa stratégie de ravitaillement et la valider en amont, dans des conditions qui se rapprochent réellement de celles de la course.
Erreur n°7 : sous-estimer la difficulté de l’épreuve
Je n’avais pas suffisamment mesuré à quel point un Ironman pouvait être difficile, y compris sur le plan psychologique. Les réseaux sociaux contribuent largement à banaliser cette épreuve : on voit les entraînements, les sourires sur la ligne d’arrivée, l’adrénaline, les beaux moments… beaucoup moins ce que représentent réellement 10 à 14 heures d’effort.
Je savais évidemment que faire un Ironman allait être difficile, mais je n’avais pas imaginé à quel point il pouvait l’être une fois confronté à la fatigue, aux douleurs, aux problèmes digestifs et aux moments de doute qui se sont enchaînés pendant la course.
Cependant, c'est une réflexion que je me suis faite à chaque Ironman. Même en ayant déjà vécu une épreuve aussi éprouvante, on en oublie la difficulté avec le temps. On se souvient du bonheur et de la fierté d’avoir terminé, de l’adrénaline et de tous les bons moments. C’est une bonne chose, mais cela peut aussi faire perdre de vue ce qu’il faut réellement être capable d’encaisser le jour J.
Et malgré tout, une expérience très positive
Malgré tous ces couacs, je garde un excellent souvenir de ce premier Ironman et j’en suis particulièrement fier. Mon objectif était simplement de franchir la ligne d’arrivée, et il a été rempli. Je savais que cette expérience allait être difficile, mais je n’imaginais pas à quel point elle allait aussi faire évoluer ma manière d’aborder l’entraînement et la préparation d’un Ironman.
Avec les années et les expériences qui ont suivi, j’ai pu mettre à profit tout ce que j’avais appris lors de cette première course et éviter de reproduire les mêmes erreurs.
Vous envisagez une préparation Ironman et vous vous demandez si votre projet est réalisable ? N’hésitez pas à me contacter pour échanger sur la manière dont je vois votre préparation pour vous permettre de l’aborder dans les meilleures conditions !