Mes conseils pour bien se ravitailler à vélo

Banner de conseil pour la nutrition à vélo

Le ravitaillement à vélo est un sujet qui soulève énormément de questions. Que faut-il manger ? En quelle quantité ? À quel moment ? Faut-il absolument acheter des produits de nutrition sportive ?

En tant que coach en sports d'endurance, je pense qu'il existe quelques grands principes à respecter, mais surtout qu'il faut trouver une stratégie qui vous convient. Dans cet article, je vous partage donc les conseils que je donne le plus souvent à mes athlètes pour bien se ravitailler à vélo.

Pourquoi faut-il manger pendant une sortie à vélo ?

C'est assez simple : lorsque vous roulez, votre organisme consomme de l'énergie. Si vous pédalez pendant plusieurs heures sans rien manger, ces réserves finissent progressivement par diminuer. Résultat : vous avez de moins en moins d'énergie et maintenir votre allure devient de plus en plus difficile.

Prendre un ravitaillement permet donc tout simplement de compenser une partie de ce que votre organisme dépense pendant l'effort. L'objectif est, in fine, d'apporter régulièrement de l'énergie pour continuer à avancer dans les meilleures conditions.

Athlète pratiquant le vélo

1. Mangez ce que vous tolérez le mieux

En matière de ravitaillement, il n'existe pas de produit idéal qui conviendra à tous les sportifs. Nous avons tous nos préférences alimentaires : certaines personnes adorent les brocolis mais détestent les épinards. Eh bien, c'est exactement la même chose avec la nutrition sportive.

Vouloir absolument utiliser un gel, une barre ou une compote parce qu'un ami, un influenceur ou un sportif professionnel nous l'a conseillé n'est pas toujours une bonne idée. En tant que coach sportif personnel, je considère généralement que le meilleur ravitaillement est avant tout celui que vous digérez bien, que vous appréciez et que vous serez capable de consommer pendant plusieurs heures d'effort.

Mon conseil est donc simple : testez différentes solutions à l'entraînement pour trouver celles qui vous conviennent le mieux. Pour vous avancer dans votre réflexion, je vous récapitule ici les principaux types de ravitaillement disponibles sur le marché, avec leurs avantages et leurs limites.

Les gels

Avantages

  • Un apport énergétique efficace

Les gels sont très concentrés en glucides, ce qui permet d'apporter une quantité importante d'énergie avec un faible volume à consommer. C'est particulièrement intéressant pour éviter d'avoir une sensation d'estomac trop rempli.

  • Faciles à transporter et à consommer

Ils prennent très peu de place dans les poches et sont conditionnés individuellement. Ils sont faciles à ouvrir et permettent de se ravitailler facilement sans s’en mettre partout.

  • Rapides à avaler

Contrairement aux aliments solides, les gels peuvent être avalés en quelques secondes, sans nécessiter de mâcher. Ils sont donc particulièrement pratiques lorsque l'on souhaite ne perdre aucune seconde.

  • Un large choix de produits

Il existe aujourd'hui de nombreux goûts, textures et compositions (avec ou sans caféine), ce qui permet de trouver une solution adaptée à ses préférences.

 

Inconvénients

  • Un goût et une texture parfois écœurants

Leur forte concentration en sucres peut devenir difficile à supporter, notamment lorsqu’on doit en prendre plusieurs sur des efforts de longue durée.

  • Une tolérance digestive variable

Certaines personnes peuvent ressentir des nausées, des ballonnements ou des troubles digestifs avec les gels, notamment si elles n'y sont pas habituées ou si elles en « abusent ».

  • Peu de sensation de "vrai aliment"

Contrairement à une barre ou une compote, un gel apporte principalement de l'énergie mais peu de sensation de satiété. Cela peut parfois devenir difficile mentalement sur les efforts de plusieurs heures.

  • Nécessitent parfois un apport en eau

Certains gels, notamment les plus épais, nécessitent d’être pris avec quelques gorgées d'eau pour faciliter leur passage.

Les barres

Avantages

  • Une sensation de "vrai aliment"

Contrairement aux gels, les barres donnent davantage l'impression de manger quelque chose. Leur texture et leur côté plus consistant peuvent être plus agréables, notamment sur les sorties longues où l'on peut avoir envie d'un aliment plus classique.

  • Agréables en goût

Les barres existent dans de nombreux goûts (chocolat, fruits, céréales...). On trouve donc toujours bien quelque chose qui nous « donne envie de manger ». Ce côté plaisir peut être intéressant pour continuer à s'alimenter lorsque la fatigue commence à se faire sentir.

 

Inconvénients

  • Parfois difficiles à mâcher

Sur des efforts de longue durée ou lorsque l'intensité augmente, mâcher peut devenir difficile. Une barre est forcément plus compliquée à avaler qu’un gel ou une compote.

  • Moins pratiques à consommer

Les sortir de leur emballage demande davantage de manipulation. Je considère donc qu’elles sont moins adaptées si on ne sait pas rouler sans tenir son guidon, selon l’état de la route ou si le parcours est plus sinueux.

  • Parfois un impact sur le transit

Les barres de céréales contiennent … des céréales ! Et ces dernières sont des fibres, qui accélèrent parfois le transit.

 

Ma petite astuce

Pour éviter de payer des barres "sportives" parfois assez chères, vous pouvez aussi vous tourner vers des barres plus classiques. Les Chabrior vendues chez Intermarché ont une composition assez correcte dans un contexte sportif (même si elles contiennent quand même des fibres) et elles apportent une quantité d'énergie intéressante. Et petit plus : celles au chocolat sont vraiment très, très bonnes !

Les compotes

Avantages

  • Proches d'un aliment du quotidien

Les compotes ressemblent à ce que l'on peut manger dans son quotidien. Elles peuvent donc être une solution facile à avaler : on en a l’habitude.

  • Un goût agréable et naturel

La composition des compotes est généralement assez naturelle et moins "chimique" que certains produits de nutrition sportive.

  • Faciles à avaler

Leur texture semi-liquide ne nécessite pas de mâcher. Elles peuvent donc être faciles à avaler.

 

Inconvénients

  • Un peu plus de manipulation nécessaire

Tout comme les barres, il faut généralement sortir la gourde et la manipuler pour l’ouvrir et pouvoir la consommer. Cela peut être moins pratique dans certaines situations.

  • Plus longues à consommer

Une compote demande généralement un peu de temps à avaler. Elle est donc parfois moins adaptée si on ne souhaite perdre aucune seconde.

  • Un apport énergétique parfois moins concentré

Comparées aux gels, les compotes apportent généralement moins de glucides pour un volume équivalent. Il faudra donc en consommer plus pour atteindre les mêmes apports énergétiques.

  • Moins pratiques à stocker en grande quantité

Elles prennent généralement un petit peu de place et sont donc moins adaptées si on doit en emporter beaucoup.

 

Une seconde astuce

Comme pour les barres, pas besoin d'aller directement acheter des compotes "spécial sport" parfois assez chères. J’utilise parfois les Paquito vendues chez Intermarché. Elles ont une composition très simple et naturelle, tout en apportant une source de glucides intéressante pendant l'effort !

Les bonbons

Avantages

  • Un côté plaisir important

C’est enfantin : on aime tous manger des bonbons. Leur goût sucré et leurs différentes saveurs peuvent être agréables, notamment lorsque la fatigue commence à se faire sentir !

  • Faciles à mâcher et à avaler

Leur petite taille et leur texture permettent de les consommer facilement, sans avoir besoin de prendre le temps de mâcher un aliment plus conséquent.

  • Une alternative simple et accessible

C’est une solution facile du quotidien, qui permet de se ravitailler efficacement sans forcément devoir investir dans des produits spécifiques au sport.

 

Inconvénients

  • Un apport énergétique moins précis

Contrairement à un gel ou une barre dont la quantité de glucides est généralement connue à l'avance, il faut parfois faire des calculs savants pour estimer la quantité de bonbons à manger pour avoir ses apports.

  • Besoin de plus de volume

Pour obtenir un apport énergétique équivalent à un gel ou une barre, il faut généralement consommer beaucoup de bonbons. Cela peut donc être moins pratique.

  • Une manipulation moins pratique

Ils sont souvent transportés en vrac dans une poche ou un sachet, ce qui peut devenir moins pratique à gérer en roulant. Ils peuvent aussi donner une sensation de mains collantes, désagréable à la longue.

Le sucre dans le bidon d’eau

Avantages

  • Un ravitaillement facile à consommer

Boire est souvent plus simple que manger pendant un effort. Les boissons glucidiques permettent donc d'apporter de l'énergie régulièrement sans devoir mâcher ou manipuler un aliment.

  • Faciles à adapter selon ses besoins

On peut très facilement adapter la concentration de la boisson en fonction de la durée de la sortie, de l'intensité ou de ses besoins personnels. Cela permet d'ajuster son ravitaillement sur mesure.

  • Pas besoin de manipulation supplémentaire

Contrairement aux aliments solides, il suffit de boire quelques gorgées pour se ravitailler.

 

Inconvénient

  • Dépendance au bidon

Si la sortie est très longue, il faut avoir la possibilité d’emmener suffisamment de bidons avec soi.

 

Mon conseil

Ici aussi, on peut être tenté de remplacer l’ajout de sucre dans son bidon par une boisson sucrée du quotidien, comme du Coca-Cola, mais c’est souvent une fausse bonne-idée. Oui, c’est sucré et ça apporte donc des glucides, mais c’est beaucoup moins facile à doser précisément qu’une boisson prévue pour l’effort. Et comme c’est gazeux, cela peut provoquer des ballonnements, voire des nausées chez certaines personnes. Ce n'est donc pas forcément à bannir, mais ce n'est pas ce que je conseillerais en priorité.

3 conseils basés sur mon expérience personnelle

Ne misez pas tout sur un seul produit

Sur les sorties et courses longues, alterner les textures et les goûts permet souvent de continuer à s'alimenter plus facilement. Après des heures d'effort, on peut rapidement se lasser d'un seul type de ravitaillement.

Pensez votre ravitaillement à l'avance

Savoir ce que vous allez manger et à quel moment vous évitera de devoir réfléchir en pleine sortie. Cela peut sembler anodin, mais enlever cette charge mentale permet de rester concentré sur son effort.

Ne vous reposez pas sur l'organisation

Les ravitos ne vous conviendront pas forcément et même si c'est rare, j'ai déjà vu des courses où il y avait pénurie après le passage des premiers. Mieux vaut donc voir les ravitos de l'organisation comme un petit bonus.

2. Commencez à manger avant d’avoir faim

Le plus gros piège, c'est d'attendre d'avoir faim pour commencer à manger.

Pourquoi ? Parce que lorsque la faim apparaît, c'est souvent le signe que votre organisme commence déjà à manquer de carburant. Il est donc déjà un peu tard pour agir. Le but du ravitaillement n'est pas de calmer la faim, mais d'apporter régulièrement de l'énergie pour éviter une baisse progressive de vos performances.

C'est exactement comme faire le plein de sa voiture : il vaut mieux rajouter un peu de carburant régulièrement plutôt que d'attendre que le voyant de réserve s'allume, au risque de tomber rapidement à court.

Quelle quantité de glucides consommer ?

Sur ce point, les recommandations sont aujourd'hui assez claires. Il existe un consensus scientifique autour de ces valeurs, notamment grâce aux recherches du britannique Asker Jeukendrup, une référence en nutrition des sports d'endurance. Ses travaux ont d’ailleurs été repris par l'European Food Safety Authority (EFSA).

Grosso modo, il est conseillé d'adapter ses apports en glucides à la durée de l'effort :

  • Moins d'une heure -> Pas forcément nécessaire
  • Entre 1 et 2h30 -> 30 à 60 g de glucides par heure.
  • 2h30 et plus -> 60 à 90 g de glucides par heure.

Certains sportifs très entrainés et ayant un estomac habitué peuvent parfois même viser plus !

A quelle fréquence ?

Au-delà de la quantité de glucides que vous consommez, la façon dont vous répartissez vos apports a également son importance. L'idée est d'apporter de l'énergie de manière régulière afin de maintenir un niveau de glucose disponible pour vos muscles pendant l'effort. Vos réserves doivent toujours rester +- stable. Si vous dépensez, vous consommez pour éviter la baisse d’énergie.

Toujours sur base des travaux d’Asker Jeukendrup, il est généralement recommandé de se ravitailler toutes les 20 à 30 minutes.

Maintenant, je rappelle souvent à mes athlètes que ce rythme reste une base : certains seront plus à l'aise en consommant leur ravitaillement en plus petite quantité, mais plus souvent, et d'autres préfèrent parfois des prises un peu plus espacées. Le plus important, c’est donc surtout de trouver ce qui vous convient à vous !

3. Préparez tout avant de monter sur votre vélo

On pense souvent au quoi manger, mais souvent pas assez au comment. Préparer son ravitaillement aide pourtant à ne pas stresser, ne pas perdre de temps et éviter les petites « boulettes » (oups le gel qui tombe en tentant de l’attraper !).

Voici donc trois réflexes que j'essaie d'appliquer avant chacune de mes sorties.

Réfléchissez à l’avance à ce que vous allez manger et quand

En cas de doute, prévoyez un peu plus. Mieux vaut rentrer avec un gel ou une barre en trop si tout se passe comme prévu que de subir la fin de sa sortie si on n’a pas assez !


Faites en sorte que tout soit facilement accessible

Je place mes ravitaillements dans l'ordre dans lequel je compte les consommer pour éviter la fouille ou les risques d'écarts de route en tentant de les attraper.


Faites en sorte que tout soit facilement consommable

Quelques secondes passées à la maison peuvent bien vous faciliter la vie sur le vélo ! Je conseille toujours à mes coachés d'anticiper : ouvrir légèrement les emballages des barres, même les couper en deux si besoin, dévisser presque complètement le bouchon des compotes, apprendre à ouvrir ses gels avec ses dents, etc.

4. Prévoyez de quoi tout embarquer sur votre vélo

Une fois votre ravitaillement prêt, encore faut-il savoir où le mettre !

Certains vélos, notamment les contre-la-montre haut de gamme, disposent de rangements intégrés pour le ravitaillement. Si c'est votre cas, profitez en, mais la majorité des vélos n’en n’est pas équipée.

À la plupart de mes coachés, je recommande donc une solution toute simple : une petite pochette fixée sur le cadre du vélo. Je trouve cette solution plus pratique que de remplir les poches du maillot ou de la trifonction. Tout est facilement accessible, sans avoir l'impression d'être « chargé ».

Etant notamment coach de triathlon, je la recommande d'autant plus aux triathlètes qui doivent nager avant de rouler ! Si le ravitaillement est déjà installé sur le vélo, pas de temps perdu à remplir ses poches en T1.

Cadre de vélo contenant une structure faite pour stocker ses ravitaillements
Poche à accrocher à son cadre de vélo pour stocker ses ravitaillements
Stockage des ravitaillements dans la poche arrière de la trifonction

5. Testez tout à l'entrainement

Le ravitaillement, ça se travaille. Tout comme on entraîne son cœur, ses muscles ou sa technique, on peut aussi entraîner son système digestif. C'est ce qu'on appelle l'entraînement digestif.

Le principe est simple : habituer progressivement son organisme à manger et à digérer alors qu’on est en train de fournir un effort.

L’intérêt ? Tester sa stratégie à l'entraînement pour avoir un maximum de chances qu'elle fonctionne de façon optimale le jour J. À l'inverse, consommer 90 g de glucides par heure du jour au lendemain, sans jamais l'avoir essayé auparavant, c’est souvent le meilleur moyen de finir malade.

Comment je fonctionne habituellement avec mes athlètes

Etant entraineur sportif personnel, le sujet du ravitaillement et de l'hydratation en course finit souvent par s’aborder naturellement dans mes coachings, et comme pour tout mes autres services annexes, on commence par en discuter ensemble. Ça me permet de bien comprendre les habitudes de mon athlète, ce qu'il aime manger, ce qu'il digère bien ... et ce qu'il ne supporte pas !

Ensuite, on estime ses besoins en glucides en fonction de la durée et de l'intensité de l'objectif préparé.

À partir de là, on teste différentes approches au fil des entraînements. On ajuste les quantités, les produits, le moment où ils sont consommés, etc, jusqu'à trouver la solution la plus idéale.

On essaie de tout valider avant le jour de la compétition pour que le ravitaillement soit déjà « routinier ».

Mon ravitaillement personnel pour une sortie de 2 heures à vélo

Avant de vous partager ma façon de faire, je tiens à rappeler une chose importante : il s'agit de ma stratégie personnelle, pas d'une méthode universelle. Ce qui fonctionne parfaitement pour moi ne conviendra pas forcément à un autre cycliste. Trouver l'équilibre entre une énergie stable tout au long de la sortie et l'absence d'inconfort digestif m'a d'ailleurs demandé plusieurs essais. 

Pour une sortie d'environ 2 heures à vélo, par temps tempéré, je pars généralement avec deux bidons :

  • un bidon d'eau ;
  • un second bidon contenant de l'eau, du fructose, de la maltodextrine et une capsule de sel.

J'adapte la quantité de sel et de sucre en fonction de la séance prévue, de son intensité, de sa durée, de l'avancement de ma préparation ou encore des conditions météorologiques.

Tout au long de la sortie, je bois quelques gorgées toutes les dix minutes plus ou moins, en alternant entre les deux bidons. Je peux ainsi m'hydrater tout en ingérant les glucides dont j'ai besoin. C'est ce qui me permet le plus de confort digestif.

Si la sortie dépasse les deux heures, j'ajoute un aliment plus consistant, comme une barre de céréales ou une gomme énergétique. J'utilise généralement celles de Décathlon, qui me conviennent bien sur le plan digestif.

Trouvons votre équilibre

S'il y a une chose à retenir de cet article, c'est qu'il n'existe pas de stratégie de ravitaillement universelle. L'important est de trouver celle qui vous permet de rouler avec une énergie constante sans dysfonctionnement digestif, ce qui vous permet de vous sentir bien sur le vélo.

Si vous souhaitez être guidé pour construire une stratégie adaptée, je serai ravi de vous accompagner dans le cadre d'un coaching de cyclisme personnalisé. Alors, si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à me contacter. Nous en discuterons avec plaisir !